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March 4, 2012
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Le loup et le ruban
by ~GrisBrouille

(Jeudi 23 sept. 2010)

    Un matin d'automne, dans les futaies qui résonnent,
    Une fille perdit son rose et fin ruban.
    Et les cheveux épars et les yeux insouciants,
    Elle s'en alla à part, jouer avec le vent.


    Le soir tombé près des futaies voilettes, le grand
    Loup blanc passa pour guetter les alouettes.
    Il avait à ses dents une bague en argent,
    Qui par négligence s'est ternie dans le temps.


    Qui eut cru qu'à l'aurore où la lune s'endort,
    Il vit sur le sol le ruban perdu ? Alors
    Le loup approche et par la fragrance ému,
    Le loup rougit sur le fond vert d'hellébores.  


    La douce soie rose qui sur le sol se repose,
    Ressent doucement les caresses qui s'imposent.
    Regrettant l'élan d'une faveur qui l'indispose,
    La soie n'a conscience de l'hypnose dont elle est proie.



    Tendresse donnée, tendresse reprise ; elle craint
    Le loup victime de son emprise. Écrin du cœur
    Librement ouvert, tant il ignore les rumeurs,
    Tant aux abords, elle tolère les sourdes clameurs.


    Quelle lourde charge pour un si frêle ruban !
    Quand peut-elle enfin sourire en marchant ? Hier
    Encore elle parlait aux lierres dans les champs,
    Et accueillait le jour, les oiseaux d'océans.


    Mais les larmes ont du rose scindé le rouge du
    Blanc. Ruban noué à la crinière velue,
    Brandie comme le jouet ultime de l'enfant,
    Mise sur le haut socle instable des statues.


    Ainsi le loup abandonna sa tanière. Puis
    Pris par l'ivresse des terres conquises, et puis
    Pris par l'ivresse d'une terre éprise, réjoui
    À l'idée du désir qui se trame, il s'enflamme.



    Agile mais pas adroit, il se rendit à l'est
    Chez le modeste petit-duc. Et calme sous son
    Caduc, il écouta ses barcarolles, prit son
    Aile droite et sans un mot, sans un seul son,


    L'œil frappé par le ruban, sans entendre aucun
    Son futile, aucun des maints aveux frivoles, il
    S'arracha une rémige et la planta loin,
    Loin dans le sol. Gage du silence d'airain.


    Une plume plantée sur une plage adamantine
    Semble palpiter comme pleine de créatine.
    Mais dès lors le ciel touchera la mer à son aise
    Car les dunes sont figées, et la lune hyaline


    Cachera son souffle derrière les falaises brunes.
    Maudit soit cet accord, sans remords, sans rancune
    Sous l'étoile irisée de la plus belle infortune,
    Unique étoile en cette noir nuit abyssale ;



    Étrange étincelle rivale du bien-séant : proie
    Trompée mais si belle, que le firmament s'étend,
    Tel un feu d'artifice figé sur un souffle froid,
    Et bleu, il flamboie sur le fond noir du néant.



NECMERGITUR
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:iconmissgribouille:
MissGribouille Mar 4, 2012   Digital Artist
C'est magnifique !...
Contente de trouver un homonyme masculin :D
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:iconnobody-know-my-name:
NOBODY-KNOW-MY-NAME Mar 5, 2012  Hobbyist General Artist
Comme quoi tout arrive ! Attention que vous ne finissiez par former la famille Gribouille :D
Reply
:iconmissgribouille:
MissGribouille Mar 6, 2012   Digital Artist
haha... non je ne pense pas ! :D
Reply
:icongrisbrouille:
GrisBrouille Mar 4, 2012  Hobbyist General Artist
:D
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